APPEL POUR QUE NOS ÉGLISES ET NOS TEMPLES DEVIENNENT
DES REFUGES DE PAIX CONTRE LES VIOLENCES ET LES OPPRESSIONS
On se souvient de l’appel cet été de canicules à ouvrir les églises pour permettre aux personnes vulnérables d’y trouver un refuge de fraîcheur. Une magnifique initiative soutenue et relayée par nombre de chrétiens !
C’est un autre appel que nous, chrétiens conscients des dérives autoritaires de notre pays, souhaitons lancer aujourd’hui : ouvrir la porte de nos cœurs et de nos églises aux victimes de violence et d’oppression.
Faut-il rappeler les faits et les chiffres ? Des manifestations durement réprimées, interdites ou déviées, des violences sur des manifestants pacifiques, une répression disproportionnée contre des enfants, des lycéens, des musiciens, des étudiants, de parents et grands-parents… et pour conséquence, des blessés, des mains arrachées, des arrestations par milliers, et des gardes à vue souvent injustifiées de mineurs… Un monde de chaos et de violence, symptomatique du mal-être ambiant (politique, écologique, social, spirituel…), qui imprime déjà des traces profondes.
Au-delà des chiffres, il est un constat encore plus terrible, celui de l’empreinte laissée sur la jeunesse (et nous tous.tes) par la peur, les traumas physiques et psychologiques, le sentiment d’injustice, l’incompréhension, l’absence d’écoute, le désarroi, la défiance de l’autre, les perspectives autoritaires.
Nous appelons tous les chrétiens et toutes les chrétiennes à devenir des « Anges-gardien.ne.s de la paix » dans la profondeur de leur cœur, mais aussi au sein de leur paroisse et de leur église comme personne accueillante/accompagnante, et au sein même des manifestations, tels des « aumôniers de rue » apportant le réconfort spirituel et moral aux manifestant.e.s.
Nous appelons les évêques de France à faire entendre une voix de justice et de vérité et à inviter expressément les paroisses de leur diocèse à ouvrir leurs portes aux vulnérables et, ainsi, à prendre une part active dans la construction de la paix et la guérison des plus faibles.
Nous appelons les paroisses, les églises, les temples, les centres spirituels et tout autre lieu de culte dans les villes à ouvrir leurs portes durant les manifestations et au-delà, pour offrir un accueil et un refuge aux personnes victimes de sévices physiques, de panique, de nassage, de poursuites, de gaz, de toute forme de violence…
« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux ». Matthieu 5, 1‑12
Ces lieux de cultes, où se lit et se vit l’Evangile, peuvent devenir des ‘’arches de paix’’, des remparts contre la violence, des zones de soin, d’écoute, de partage, de ressourcement pour chacun·e, indépendamment de sa religion, de sa couleur de peau, de son appartenance sociale ou générationnelle. Ces lieux devront être respecté comme « zones neutres et pacifiques » par les forces armées (comme la Suisse est respectée dans sa neutralité en cas de guerre).
Eglises-Refuges et Anges-Gardien.e.s de la paix
MODE D’EMPLOI
- Tous les lieux de cultes, de quelque confession que ce soit, peuvent devenir des refuges, « arches de paix ». Il est important d’expliciter la démarche par un drapeau blanc (signe de paix) et un panneau explicatif devant l’église ou le temple invitant chacun·e de façon inclusive.
- Des personnes bénévoles que l’on peut appeler des « Anges gardien.ne.s de la paix » doivent accompagner cette initiative par leur présence bienveillante, leur écoute, leur impartialité et une trousse pharmaceutique (à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments). Toujours un binôme à minima.
- Ces « Anges gardien.ne.s de la paix » pourront également se retrouver au sein des manifestations, , à l’exemple des « Street Médics », mais être clairement identifiables par leur tenue et des signes reconnaissables. Nous proposons une tenue blanche (un drap plié en deux avec un trou pour la tête) avec une croix verte peinte sur le dos et une phrase explicite de l’Evangile empruntée aux Béatitudes (Matthieu 5,1-12) (Voir modèle en photo).
- Ces “anges de rue” pourront également se regrouper en cercles de silence resserrés se tenant par la main pour former une sorte de filet de protection (à l’inverse des nasses policières) pour accueillir en leur cœur celles et ceux qui ont besoin d’un refuge.
L’antidote à la peur est l’amour. L’antidote à la violence est la fraternité. Notre avenir se dessine dans notre cœur. Par ces gestes et par notre force intérieure, nous pouvons tracer une réponse de vie au processus de destruction en cours.
Signez l’appel via le lien et diffusez-le !
Contact : contact@chretiensunispourlaterre.org
Contact presse : 06 70 03 29 12 Christine