Hospitalité climatique dans nos églises
Cette semaine, alors que nous sommes frappés par une canicule exceptionnelle due au réchauffement climatique, nos églises comptent parmi les lieux où l’on peut encore trouver le plus de fraîcheur. Faisant ce constat, des paroisses, comme à St Émilion, ont alors pris cette belle initiative de laisser les églises ouvertes afin de permettre aux personnes les plus affectées, et à tous, d’y trouver refuge et repos pendant quelques temps.
Habités par la même préoccupation, quelques CUTiens ont écrit à leur curé ou à leur évêque pour demander de généraliser la démarche. Voici un exemple de texte très argumenté envoyé par l’une de nous.
N’hésitez pas à vous en servir pour effectuer une demande analogue près de chez vous !
Objet : Hospitalité climatique dans les églises de notre diocèse
“L’Eglise a pour mission d’annoncer la miséricorde de Dieu, cœur battant de l’Evangile, qu’elle doit faire parvenir au cœur et à l’esprit de tous. “ Bulle du jubilée extraordinaire de la Miséricorde – 2015 §12
Paris, 22 juin 2026
Monseigneur,
[Je m’appelle xxx et j’habite xxx]
J’ai décidé de vous écrire aujourd’hui à cause d’une raison urgente : la canicule qui frappe notre pays ces jours-ci, et qui pourrait nous frapper de plus en plus dans l’avenir.
J’ai été très frappée par la canicule de 2003 où sont morts 15000 habitants de notre pays, particulièrement les plus fragiles, les plus âgés, les très jeunes ou ceux vivant dans un habitat de mauvaise qualité.
Il y a 23 ans, cette catastrophe a été une surprise, dans la paroisse l’émotion et la volonté de fraternité avec les plus pauvres, esseulés, fragiles a généré une présence renforcée dans le quartier où les paroissiens ont veillé à prendre des nouvelles les uns des autres et même de tout leur immeuble, y compris dans une grande paroisse assez anonyme.
Aujourd’hui, la canicule est annoncée, connue. Parfois les communes recensent les églises parmi les lieux frais où les habitants surchauffés peuvent se réfugier quelques heures.
Mais peut-on se contenter de cela ? Nos églises, grâce à leur inertie (capacité de la pierre à conserver une température constante) sont particulièrement fraîches. Or quelques heures dans un lieu frais est ce que recommandent les autorités sanitaires.
Les plus audacieux suivront les recommandations de quelques communes mais nous, l’Église, qui avons la responsabilité de faire vivre ces lieux par les chants, le soin des espaces, le fleurissement, sommes-nous également capables de faire savoir au plus grand nombre que chacun et chacune y est bienvenu ?
L’an dernier, à Cholet, un prêtre a élargi les horaires d’ouverture de deux églises dont il était curé et a annoncé que toute personne en nécessité d’un peu de fraîcheur y serait accueillie. Cela avait défrayé la chronique comme quelque chose d’exceptionnel !
Bien sûr, cela peut demander un peu de signalétique, un peu de coordination avec les pouvoirs publics mais nous nous honorerions de cette ouverture qui répond simultanément à plusieurs œuvres de miséricorde (prendre soin des malades… personnes au cœur fragile plus sujettes aux coups de chaleur, nourrir ceux qui ont faim… les esseulés des grandes villes ou des milieux ruraux, prendre soin des prisonniers… de leurs maisons surchauffées…)
Monseigneur, écoutez ma requête, annoncez l’hospitalité climatique dans votre diocèse, annoncez que chacun est bienvenu pour une halte (pas uniquement spirituelle), encouragez les curés et les bénévoles à faciliter une ouverture exceptionnelle durant quelques jours de canicule, une sorte “d’été solidaire”, mais bien plus simple.
Évidemment, j’en parlerai également à mon curé mais l’ampleur et l’urgence nécessitent une action de niveau diocésain, voire national, si vous pouvez porter cela à la Conférence épiscopale, ce sera une très belle contribution de l’Eglise à l’adaptation au changement climatique.
Recevez, Monseigneur, mes meilleures salutations et mes prières pour votre importante mission.